‘Le Garçon et la Bête’

Titre original : Bakemono no ko
Pays : Japon
Réalisateur : Mamoru Hosoda
Année de sortie : 2015
Genre : Animation
Type : Long-métrage


Résumé

À l’âge de neuf ans, Ren se retrouve seul : sa mère vient de mourir et son père a quitté le domicile familial. Le jeune garçon refuse net d’être recueilli par de proches parents et s’enfuit. Dans la ville où il erre seul, il rencontre deux étranges personnages et les suit dans un étroit passage. Cette ruelle intrigante est la voie de communication entre le monde des humains et celui des bêtes. Piégé dans la ville des animaux, Ren est pris en charge par Kamatetsu, un ours qui rêve de devenir le seigneur des lieux et souhaite en faire son disciple. Ren se montre d’abord hostile à ce dessein avant de se prendre d’affection pour Kamatetsu et de suivre son entrainement quotidien.

L’avis de Ciné’xagone (Résultat de recherche d'images pour Résultat de recherche d'images pour Résultat de recherche d'images pour )

Septième long-métrage d’animation de Mamoru Hosoda, Le Garçon et la Bête a été favorablement accueilli, aussi bien par la critique que par le public. Ce succès récompense une œuvre de belle facture adaptée à un public large. La qualité esthétique du graphisme – dont la perfection quasi-photographique des décors urbains crée un ancrage à notre propre réalité – et la structure du scénario – qui ne laisse place à aucun temps mort – en font un animé majeur des années 2010.

Le personnage central de Ren (renommé Kyuta dans le monde des Bêtes) s’évertue à accomplir deux rites initiatiques : celui de son univers d’adoption (les arts du combat et la force de l’esprit) et celui de l’univers d’origine (l’instruction, la lecture, l’amitié) car il ne parvient pas à faire le choix de l’un ou de l’autre. La faiblesse du double-cosmos imaginé par Mamuro Hosada se trouve certainement dans le manque patent d’originalité du système animalier. L’anthropomorphisme y est la règle : ville, maisons, marché, tenues vestimentaires et armes (traditionnelles, et non modernes comme dans la cité humaine, nuance dérisoire !) et même la nourriture (riz, œufs) sont calqués sur la civilisation des hommes. Les animaux se sont défaits de leur langage pour adopter une langue (ils parlent le Japonais…) et la bipédie. Aussi, l’adaptation du personnage de Ren/Kyuta à son nouveau monde est relativement aisée. Seule distinction apparente et importante pour le déroulement de l’histoire : le pouvoir politique monarchique s’acquiert chez les animaux par réincarnation de l’esprit du seigneur dans le corps le plus fort de la communauté, à l’issue d’un duel public dans un colisée.

Le dénouement conduit d’une séquence quasi apocalyptique assez pesante (explosions dans la ville !) à l’équilibre pacifique, au retour bien terne – pour ne pas dire décevant – à « l’ordre des choses ». Est-ce également la convergence des sociétés qui incite Ren à revenir définitivement dans le monde des hommes après la disparition de son maître et père d’adoption ? Il est peu probable que le film ambitionnait de pousser la réflexion à ce stade. Le seul choix d’une happy end semble l’avoir emporté et il faudra s’en contenter.

R.V.H.

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