‘La Grande Bouffe’

Titre original : La Grande Bouffe
Pays : France, Italie
Réalisateur : Marco Ferreri
Année de sortie : 1973
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage


Résumé

Fatigué par leur existence, Ugo le restaurateur (Ugo Tognazzi), Marcello le pilote de ligne (Marcello Mastroianni), le juge Philippe (Philippe Noiret) et Michel, animateur de radio (Michel Piccoli), se réunissent pour un « séminaire gastronomique » dans la villa familiale de Philippe, en banlieue parisienne. Pendant tout un week-end orgiaque, ils n’ont pour seules activités que la bouffe et la baise. Jusqu’à en mourir.

L’avis de Ciné’xagone ()

Il faut savoir regarder La Grande Bouffe sans a priori. Lors de sa sortie, le film opposa deux camps : les spectateurs (et critiques) scandalisés par le déferlement de vulgarité à l’écran et les partisans de l’outrage en ces années de difficile libération des mœurs et des esprits. Abjection pour les uns, chef-d’œuvre pour les autres. Quarante-cinq ans plus tard – presque une éternité – ce qui pouvait choquer jadis apparaît aujourd’hui tout juste dérangeant. La querelle originelle est réduite à néant et c’est tant mieux. Reste donc un film atypique du non moins atypique Marco Ferreri, une composition malsaine et troublante.

La Grande Bouffe a, de prime abord, tout pour dégouter. La goinfrerie et la luxure sympathiques des premières séquences laissent vite place à leurs conséquences physiologiques : aérophagie, vomi, malaises, éructations et coliques sont délibérément montrés… Si l’on ajoute à cette crudité la minceur du scénario, il est aisé de comprendre ce qui jeta l’effroi en plein Festival de Cannes 1973. Incontestablement, il s’agit d’un film d’acteurs, non pas de personnages. Ces derniers n’ont guère d’intérêt. À l’exception notoire du magistrat coincé, excellemment incarné par Philippe Noiret, ils ne sont pas creusés. Ils n’ont pas de passé, pas de pensée, pas d’aspérité. Ils recherchent la mort à travers la jouissance, mais l’on n’apprendra jamais pourquoi ils en sont arrivés là…

Fallait-il voir dans les excès des protagonistes de La Grande Bouffe une allégorie de la société de consommation, comme l’ont prétendu ses défenseurs ? Peut-être mais c’est un peu court pour en faire un chef d’œuvre. Il y a pourtant bien dans ce huis clos entre quatre monstres sacrés du cinéma, rejoints par la sensuelle Andréa Ferréol, quelque chose de familial et d’attachant. L’art de vivre à la française devient un art de mourir. Le week-end dans la villa a quelque chose des fêtes de la Rome décadente. Oui, la souillure sait être fascinante. L’excès et le vice aussi sont humains.

R.V.H.

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