’37°2 le Matin’

Titre original : 37°2 le Matin
Pays : France
Réalisateur : Jean-Jacques Beineix
Année de sortie : 1986
Genre : Drame
Type : Long-métrage


Résumé

Zorg (Jean-Hugues Anglade), bricoleur et homme à tout faire, vivote dans le sud de la France. Il connaît un amour passionnel auprès de Betty (Béatrice Dalle), une jeune femme provocante et sensuelle… Lorsque Betty tombe par hasard sur le manuscrit d’un roman écrit par Zorg, elle presse son compagnon de faire valoir son talent littéraire et de tenter une publication. En manque de repères, la caractérielle Betty semble sombrer peu à peu dans la folie.

L’avis de Ciné’xagone ()

Avec 37°2 le Matin, son plus grand succès au cinéma, Jean-Jacques Beineix a voulu filmer la passion amoureuse, incandescente et destructrice. En mettant en scène un duo de quasi-débutants, Jean-Hugues Anglade et Béatrice Dalle, le réalisateur approche une sorte d’authenticité que nourrit encore la teneur de leurs aventures, entre banalité et immodération. Son film tient à la fois de la chronique d’une jeunesse en errance et du drame psychologique comme le cinéma français les affectionne un peu trop.

Les personnages pérégrinent au fil de leurs rencontres et des scandales que Betty provoque. Déchirés qu’ils sont entre le besoin d’aventure et de normalité (le tournant dans la folie de Betty se produit lorsqu’elle apprend qu’elle n’est pas enceinte), de bohème et de gloire (Zorg est un « grand » écrivain pour Betty : il mérite d’être publié !), leur bonheur restera inaccessible. L’histoire du film, peu substantielle, se résume donc à la quête d’osmose et d’équilibre de Zorg et Betty dans la vie à deux… Leur amour est aussi intense qu’il est précaire : leur situation matérielle et les accès de furie de la jeune femme font planer sur lui une menace permanente. La seule issue ne peut être que tragique.

S’il ne se passe pas grand-chose pendant deux heures (ou même trois heures, dans l’intéressante version longue de l’œuvre), chaque minute de la destinée singulière du couple est la pièce d’une poésie simple et érotisée, sous l’œil de la caméra de Jean-Jacques Beineix. La photographie éblouissante signée Jean-François Robin et l’attrait du réalisateur pour les scènes filmées sous le soleil couchant, puissamment symbolique, confèrent à 37°2 le Matin une qualité esthétique bien au-dessus de la moyenne. En bref, c’est une ode à la liberté, à l’amour éphémère et à la jeunesse qui se gâche, un film générationnel sans nul doute mais dont le classicisme formel préserve fort heureusement des ravages du temps qui passe.

R.V.H.

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