‘L’Aurore’

Titre original : Sunrise : A Song of Two Humans
Pays : États-Unis
Réalisateur : Friedrich Wilhelm Murnau
Année de sortie : 1927
Genre : Drame
Type : Long-métrage


Résumé

Inspiré par les noirs desseins de sa maîtresse (Margaret Livingston), laquelle rêve de l’emmener vivre à ses côtés à la ville, un fermier (George O’Brien) tente d’assassiner sa jeune épouse (Janet Gaynor) par noyade. Mais il échoue et la victime parvient à s’enfuir à travers la campagne. Il la rattrape puis, horrifié et pris de remords, tente de la reconquérir. Tous deux passent une journée merveilleuse à la ville. Mais le soir venu, un violent orage s’abat…   

L’avis de Ciné’xagone (Résultat de recherche d'images pour Résultat de recherche d'images pour Résultat de recherche d'images pour Résultat de recherche d'images pour Résultat de recherche d'images pour Résultat de recherche d'images pour )

L’Aurore est une œuvre charnière de l’histoire du Septième Art. Elle se situe d’abord à la jonction de l’ère du muet, finissante, et de celle du parlant, imminente, comme en témoigne le recours à la technique du Movietone permettant des bruitages synchronisés (musique, orage, clocher, foule de la ville…). Elle permet ensuite au grand F. W. Murnau, réalisateur du Dernier des hommes (1924) et de Nosferatu (1922), d’incarner la transition entre le génie cinématographique allemand des années 1910-1920 et l’Âge d’or hollywoodien qui s’annonçait. Elle résume ensuite à elle-seule, par sa richesse esthétique et thématique, les trente premières années de l’existence du cinéma commercial.

Élaboré autour d’un scénario d’une simplicité presque provocatrice, le film est un modèle de perfection que les quatre-vingt-dix années qui nous en séparent rendent d’autant plus admirable. Pour raconter son histoire qui tient de la fable, Murnau combine les procédés techniques et surmultiplie les effets visuels : fondus, superposition d’images par transparence, travelling, caméras subjectives et embarquées, recours aux maquettes, tournages en extérieur et de nuit…

La somptuosité de l’œuvre, qui aurait pu rester une démonstration formelle, tient aussi à la force de l’interprétation des acteurs. George O’Brien, dans son rôle de mari adultère et influençable, opère une triple mue : l’être monstrueux, l’amoureux passionné, l’homme désespéré. Toute de douceur et de bienveillance, Janet Gaynor (récompensée d’un Oscar) capte l’empathie du spectateur, elle que tout oppose à sa rivale, la « vamp » de la ville par qui arrivent les malheurs.

Le drame sentimental que traversent l’homme et la femme de L’Aurore est délibérément présenté par les scénaristes comme une problématique universelle. Il parvient à donner lieu à une succession de séquences stylisées qui paraissent près de faire basculer le film tour à tour dans les registres du thriller (le meurtre prémédité de l’épouse), de la comédie romantique (les scènes en ville, pleines de drôlerie, notamment chez le barbier et le photographe) et du film catastrophe (l’ouragan qui s’abat sur la ville et entraîne un naufrage). L’aisance budgétaire dont pu bénéficier F.W. Murnau le rapproche enfin des futurs blockbusters et l’inscrit par son ambition artistique dans la lignée des grandes fresques de D. W. Griffith.

L’Aurore est plus qu’un chef d’œuvre. Cette merveille visuelle et sonore condense en 90 minutes ce qui est l’essence même du cinéma : surprendre, transporter, émouvoir et, surtout, exprimer toute la vie par la seule force d’un montage d’images.

R.V.H.

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