‘Psychose’

Titre original : Psycho
Pays : États-Unis
Réalisateur : Alfred Hitchcock
Année de sortie : 1960
Genre : Thriller
Type : Long-métrage


Résumé

Une jeune employée d’agence immobilière, Marion Crane (Janet Leigh), dérobe à un client une enveloppe de 40 000 $ qu’elle était chargée par son patron de déposer à la banque. Elle prend alors la fuite vers la Californie pour rejoindre son amant Sam Loomis (John Gavin). Prise dans un orage sur la route, elle s’arrête dans un motel isolé, où elle est accueillie par un jeune homme ténébreux, Norman Bates (Anthony Perkins), qui vit seul avec sa mère malade…

L’avis de Ciné’xagone (Résultat de recherche d'images pour Résultat de recherche d'images pour Résultat de recherche d'images pour Résultat de recherche d'images pour Résultat de recherche d'images pour Résultat de recherche d'images pour )

Psychose fut le plus gros succès commercial d’Alfred Hitchcock, bien que tourné avec peu de moyens, en équipe réduite. Partant d’un scénario plein de bizarreries mais qui possédait pour atout sa très grande simplicité, le Maître du Suspense a réalisé un film virtuose. Non sans avoir étudié avec application la psychologie du public.

Le suspense, l’effroi, l’atmosphère d’ensemble, la préservation du mystère tiennent à la seule mise en scène, au sens le plus large qui soit : direction des acteurs, prises de vue, montage, bande sonore, choix d’une photographie noir et blanc. Mille fois les exégètes ont pu l’écrire : c’est aussi la mise en scène qui suggère la violence lors du fameux meurtre sous la douche, l’une des scènes les plus célèbres de toute l’histoire du cinéma. Jamais le couteau ne touche le corps, jamais le sang ne jaillit, pourtant les soixante-dix positions de caméra (pour 45 secondes d’images), la musique et le montage donnent l’illusion d’une inouïe cruauté. Par goût ludique de la dissimulation, le réalisateur-narrateur induit à loisir le spectateur en erreur, au même titre que les personnages se bercent d’illusions sur eux-mêmes et sur les autres. Avec Psychose la mise en scène est le film, jusque dans sa thématique puisque l’inquiétant Norman Bates apparaît lui-même comme le metteur en scène des crimes commis au motel.

Ce chef d’œuvre – en définitive le sommet artistique de la carrière d’Alfred Hitchcock – conserve une modernité plastique que l’on ne retrouve plus, en comparaison, avec Sueurs Froides, l’autre grand joyau de sa période américaine. L’efficacité de la bande originale de Bernard Herrmann et ses désormais mythiques cordes stridentes font corps avec un récit habilement rythmé, stimulant crescendo l’angoisse du spectateur jusqu’à la révélation finale.

La mécanique épurée et géniale assemblée par Hitchcock trouve aussi dans la distribution des rouages précieux. Anthony Perkins se révèle hallucinant dans le rôle de Norman Bates, au point que le personnage hantera toute sa vie d’acteur. Passant du jeune homme timide, étouffé par la personnalité de sa mère, à l’hôtelier qui, de sang-froid, fait disparaître toute trace des crimes perpetrés sous son toit, il fascine et glace par sa seule présence. Le désarroi identitaire du spectateur est encore accentué par l’habilité avec laquelle Hitchcock fragilise les autres protagonistes. Le personnage central initial, Marion Crane, solidement interprétée par Janet Leigh parfaite en blonde aventurière et sensuelle, sort de l’histoire au tiers du film, laissant derrière elle un vide qu’aucune autre figure ne remplace, pas même celle du sympathique détective Arbogast (Martin Balsam) élément rassurant mais lui aussi éliminé du jeu.

Psychose, abondamment étudié, n’a plus beaucoup de secret à révéler ni ne se prête à l’originalité critique. Mais il lui reste à jamais ce soupçon de magie qui en font une œuvre hors du commun.

R.V.H.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s