‘Un Crime au Paradis’

Titre original : Un Crime au Paradis
Pays : France
Réalisateur : Jean Becker
Année de sortie : 2001
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage


Résumé

Éleveur-cultivateur à la ferme du Paradis, Joseph Braconnier (Jacques Villeret) vit un calvaire quotidien auprès de sa femme Lucienne (Josiane Balasko). Cette dernière lui inflige misère sur misère. Il rêve de la tuer, elle souhaite lui faire la peau. Un soir de l’année 1980, alors qu’elle a versé de la strychnine dans son vin, il la poignarde accidentellement. Joseph sait heureusement que l’excellent maître Jacquard (André Dussollier) est l’avocat idéal pour éviter l’échafaud.

L’avis de Ciné’xagone ()

Avec Un Crime au Paradis, Jean Becker retrouve une fois encore son acteur fétiche Jacques Villeret pour proposer un remake en demi-teinte de La Poison de Sacha Guitry (1951). Dans un registre d’interprétation quasi-théâtral, la brochette d’acteurs populaires qui s’y retrouvent (Josiane Balasko, Daniel Prévost, Dominique Lavanant, André Dussolier, Suzanne Flon, Valérie Mairesse…) peine à insuffler un élan qui aurait permis au film de dépasser son statut de comédie dramatique rurale comme les affectionne le réalisateur.

Pour une raison mystérieuse, le couple infernal Villeret/Balasko convainc peu… La première partie (jusqu’à la mort de Lucienne) laisse franchement pantois et il faut attendre la longue séquence du procès pour qu’enfin Un Crime au Paradis offre un bon moment de cinéma, tout en drôlerie et en malice.

Jean Becker n’a su réellement exploiter ni le cadre ni le fond de son sujet. Cette France des campagnes dont on sent bien, dans la salle des assises, le contraste avec l’esprit citadin, est dépourvue d’esthétisation. Becker varie peu sa mise en scène ; la succession de plans serrés et de gros plans circonscrit la narration à l’action pure au détriment de l’environnement où se forge pourtant la psychologie des personnages. Bien que la dimension comique du scénario ait été manifestement privilégiée, la gravité qui en émane par intermittence ne parvient pas à émouvoir. Sur le thème de la dégradation irrémédiable du couple, c’est peu dire qu’Un Crime au Paradis est très en-deçà du Chat de Granier-Deferre (1971), a fortiori du Voyage en Italie de Rossellini (1954) mais surtout de son plus pertinent élément de comparaison : l’œuvre originale de Guitry.

R.V.H.

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