‘Les Valseuses’

Titre original : Les Valseuses
Pays : France
Réalisateur : Bertrand Blier
Année de sortie : 1974
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage


Résumé

Jean-Claude (Gérard Depardieu) et Pierrot (Patrick Dewaere) traînent leur ennui dans les rues, vivotant de larcins en tout genre, se divertissant des quelques femmes que le hasard place sur leur route. Une nuit, le propriétaire d’une DS verte qu’ils venaient de voler les surprend et blesse Pierrot au revolver. Pour échapper à la police, les deux jeunes gens voyagent en fugitifs à travers la France, emmenant avec eux la jeune coiffeuse Marie-Ange (Miou-Miou), adorable mais frigide. Dans leurs aventures chaotiques, ils croisent aussi l’épouse frustrée d’un militaire (Brigitte Fossey), une ex-taularde désespérée (Jeanne Moreau), le fils délinquant de cette dernière (Jacques Chailleux) et une adolescente en conflit avec ses parents (Isabelle Huppert).

L’avis de Ciné’xagone ()

Au mitan des années soixante-dix, on imagine sans peine ce que Les Valseuses pouvaient représenter : la fresque tonitruante de toute une génération, le fantasme assouvi de la libération sexuelle mariée à l’anarchisme de circonstance, les deux vecteurs d’un bonheur fragile mais d’une liberté complète. À l’émancipation des personnages-jouisseurs, affranchis des codes moraux et des barrières de la légalité, fait écho l’audace du cinéaste. Une interdiction aux moins de dix-huit ans ne l’a pas découragé de diffuser tel quel ce long-métrage atypique dans les productions hexagonales, véritable road-movie récréatif, loin d’être la copie repeinte en bleu, blanc et rouge du très américain Easy Rider (Dennis Hoper, 1969). Avec leur noirceur sous-jacente, ces Valseuses transpirent la débauche, la débrouille et la débâcle. Bertrand Blier et ses personnages – évidemment faux durs – se montrent sentimentaux à l’extrême, ce qu’illustrent la scène maternelle avec Brigitte Fossey dans le wagon, l’affection authentique des deux protagonistes pour le personnage de Jeanne, et bien sûr la tendresse que recherche vainement la jeune Marie-Ange, sous les traits de l’exquise Miou-Miou.

La puissance humoristique du film – car on rit, sans mesure – tient à cet équilibre parfait entre le burlesque né des situations impromptues et la qualité des répliques, poétiques, grivoises et argotantes, portées aux lèvres des protagonistes. Bernard Blier, que l’on savait déjà inspiré, se révèle aussi parfait horloger, trouvant pour chaque tableau de la longue cavale de Pierrot et Jean-Claude le rythme qui lui sied, sans que jamais ne surviennent l’ennui, la sensation de répétition, la perte du souffle.

Les Valseuses a eu enfin le grand mérite de révéler à un large public Patrick Dewaere, Gérard Depardieu et Miou-Miou, qui ne débutaient pas au cinéma, certes, mais se voyaient pour la première fois offrir des rôles à la mesure de leur immense talent. Avec le recul, il n’est pas excessif de parler d’une pièce charnière dans l’histoire du cinéma français, d’une œuvre d’ouverture, de modernité et d’un réaliste déconcertant.

R.V.H.

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