‘Les Enfants du Marais’

Titre original : Les Enfants du Marais
Pays : France
Réalisateur : Jean Becker
Année de sortie : 1999
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage


Résumé

Au début des années 1930, dans le marais qui voisine une petite ville, Riton Pignol (Jacques Villeret) et Garris (Jacques Gamblin) se lient d’amitié avec le très bourgeois Amédée (André Dussolier) et avec « Pépé la reinette » (Michel Serrault), un vieil industriel au grand cœur. Au gré des saisons, Riton et Garris enchaînent les petits boulots (pêche, cueillettes, jardinage…) pour survivre dans leurs cabanes et nourrir les enfants de Riton…

L’avis de Ciné’xagone ()

On sait Jean Becker très attaché à la vie et au sort des campagnes profondes. C’est tout à son honneur, à condition que la défense de l’existence rurale ne devienne pas prétexte à des portraits plus caricaturaux que pittoresques. Avec Les Enfants du Marais, il choisit de mettre à l’épreuve la sensibilité de son public en confrontant de très grands acteurs dont le talent et l’aura ne sont plus à démontrer (Jacques Villeret, Jacques Gambelin, Michel Serrault, André Dussolier…). Mais cette tendre comédie n’a pas grand’chose à raconter, si ce n’est la beauté de la nature, le goût de ses trésors et la force des amitiés. Elle apparaît comme une succession anecdotique de scènes de la vie entre lesquelles Becker tente de broder un semblant d’intrigue autour du personnage haut-en-couleur de Jo Sardi (Éric Cantona), un boxeur vindicatif  envoyé en prison par la faute de Riton. On se passerait d’ailleurs de la séquence finale montrant le revirement de Sardi, sauvé de la noyade par celui qu’il voulait tuer et devenu doux comme un agneau.

Becker s’avère meilleur dans le délicat exercice de filmer la pêche aux grenouilles que dans la construction d’une histoire d’amour déçue. La rencontre de Garris et de Marie, suivie par la brève cour et le petit jeu, assez mièvre, auquel se livrent les deux jeunes gens, ne confère aucun supplément d’âme à un film dont le suc est essentiellement la camaraderie virile par-delà les classes sociales dans une France de l’entre-deux-guerres disparue.

Les Enfants du Marais est en définitive une œuvre insidieuse. Indéniablement sympathique, remplie d’humanité et de respect pour la nature, elle offre de très belles images grâce au soin tout particulier porté à l’environnement de l’histoire, des costumes jusqu’aux décors en passant par l’éclairage. Difficile de ne pas l’apprécier pour cela. Mais difficile aussi de se laisser totalement mystifier par un tableau vain, vite ennuyeux, chargé à satiété de bons sentiments.

R.V.H.

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