‘Quai d’Orsay’

Titre original : Quai d’Orsay
Pays : France
Réalisateur : Bertrand Tavernier
Année de sortie : 2013
Genre : Comédie
Type : Long-métrage


Résumé

Le jeune Arthur Vlaminck (Raphaël Personnaz) rejoint au Quai d’Orsay l’équipe du ministre Alexandre Taillard de Worms (Thierry Lhermitte). Il est en charge de la rédaction des discours et des éléments de langage. Pour remplir ses nouvelles fonctions, Arthur doit d’abord se familiariser avec les curieux usages du ministère et cerner la personnalité déconcertante de Taillard de Worms.

L’avis de Ciné’xagone ()

Une bande-dessinée de Christophe Blain et Abel Lanzac, chronique d’une immersion dans le cabinet de Dominique de Villepin alors ministre des Affaires étrangères, est à l’origine du quarante-et-unième film de Bertrand Tavernier. La première des qualités de Quai d’Orsay est un casting sur mesure : Raphaël Personnaz possède ce qu’il faut de naïveté et de spontanéité pour incarner la jeune recrue débordée, Niels Arestrup – excellent – le dir’cab’ chevronné et pièce-maîtresse du dispositif, Thierry Lhermitte le ministre bouillonnant et insaisissable. Mais le registre de la comédie n’est jamais dépassé et le film se contente de montrer la collaboration houleuse de personnages atypiques plutôt que le fonctionnement interne d’un ministère régalien. En somme, Bertrand Tavernier a fait un film sur les personnages du pouvoir observés à huis clos (un ministre et ses conseillers), plutôt que sur la machine du pouvoir.

Rythmé par les allées et venues de Taillard de Worms (portes qui claquent, documents et livres qui volent) autant que par son incohérente faconde, Quai d’Orsay repose peut-être trop sur les épaules de Thierry Lhermitte. Ce dernier apparaît pourtant moins à l’écran que Raphaël Personnaz, dans le rôle central auquel s’identifie le public. La mise en scène de Tavernier transcrit en effet l’impression vertigineuse qui saisit ce personnage dans son quotidien au ministère. Entre conseils contradictoires, verbiage, hypocrisie des collègues, coups durs et retard accumulés, Vlaminck manque de perdre pied dans cet univers étriqué, trop dément pour être vrai. L’égocentrisme impertinent du personnage de Taillard/Villepin est la source intarissable de scènes franchement drôles (la relecture des projets de discours, le jogging en bord de Seine, « l’écriture » au Stabilo, le déjeuner avec la poétesse Prix Nobel…) qui font de cette œuvre un divertissement sympathique. Mais trop de futilités et pas assez d’ambition l’empêchent hélas d’en faire une satire subtile de la vie au cœur du pouvoir.

R.V.H.

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