‘Aviator’

Titre original : The Aviator
Pays : États-Unis, Allemagne
Réalisateur : Martin Scorsese
Année de sortie : 2004
Genre : Film biographique
Type : Long-métrage


Résumé

L’industriel Howard Hughes (Leonard DiCaprio), conquiert les foules grâce à ses films à grand spectacle et ses amours avec les plus belles actrices, Katharine Hepburn (Cate Blanchett) et Ava Gardner (Kate Berkinsale). Ambitieux et passionné d’aviation, Hugues prend la tête de la TWA mais se heurte à l’ambition de son concurrent Juan Trippe (Alec Baldwin), patron de la PanAmerica. Celui-ci, grâce à la complicité du sénateur Owen (Alan Alda), entend faire passer une loi pour n’autoriser qu’une seule compagnie, la sienne, à effectuer des vols internationaux.

L’avis de Ciné’xagone ()

Depuis le début des années 2000, le genre biographique s’est imposé comme une mode véritable, jusqu’à en devenir agaçant lorsqu’on décèle à son fondement le manque d’inspiration des auteurs et la facilité à appâter le public avec la vie de personnalités populaires ou fascinantes (Nelson Mandela dans Invictus d’Eastwood, Ray (Charles) de Taylor Hackford, le Hitchcock de Sacha Gervasi…). En abordant le parcours du milliardaire génial Howard Hugues, Martin Scorsese ne s’intéresse pas seulement à une grande figure américaine du XXe siècle mais surtout à un authentique mordu d’aviation… et de cinéma. Ce n’est certainement pas un hasard si l’univers d’Hollywood est très présent dans la première moitié du film, avec en particulier le tournage spectaculaire de Hell’s Angels par Hugues en 1930. Les séquences aériennes d’Aviator, comme celle qui illustre le très grave accident dont fut victime Hugues en juillet 1946, sont à l’image de la figure à laquelle hommage est rendu. Tel le jeune Hugues, producteur et réalisateur de cinéma, Scorsese, à grand renfort d’effets spéciaux, cherche à épater la galerie et y parvient probablement, pour peu que l’on goûte au charme particulier de l’image de synthèse… Les passages les plus intéressants du film sont toutefois ceux qui mettent en lumière non l’héroïsme mais la folie du personnage principal, ses troubles obsessionnels compulsifs, ses phobies plus invalidantes de jour en jour.

Il y avait beaucoup à dire sur la vie de Howard Hugues et Aviator, en deux heures quarante minutes environ, brosse un portrait satisfaisant, avec toutefois d’inévitables choix scénaristiques (quelques allusions à l’enfance seulement, récit qui s’achève trente ans avant la mort de l’avionneur). Malgré tous les efforts déployés (scènes mondaines chatoyantes, reconstitutions superbes, distribution de choix…) d’où vient alors cette impression étrange de flottement, ce manque général de spontanéité, cet aspect si lisse ? Peut-être de Leonardo DiCaprio, qui ne livre pas sa meilleure performance et semble à l’étroit dans la peau de son personnage névrosé. Peut-être de Scorsese lui-même qui, à trop vouloir filmer la vie d’un maniaque perfectionniste, a accouché d’un film bichonné jusqu’à l’excès. Peut-être du système hollywoodien et de la prévisibilité des grosses productions américaines…

On regarde, on apprend. On envie un peu. On ne vibre guère.

R.V.H.

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