‘Frenzy’

Titre original : Frenzy
Pays : Royaume-Uni
Réalisateur : Alfred Hitchcock
Année de sortie : 1972
Genre : Thriller
Type : Long-métrage


Résumé

Londres 1972. Un ancien pilote de la R.A.F., Richard Blaney (Jon Finch) est soupçonné d’être l’assassin à la cravate, un tueur qui viole des femmes dans la capitale britannique et les tue en les étranglant. Le véritable maniaque est en réalité un ami de Richard, Bob Rusk (Barry Foster), qui va s’employer à le jette dans la gueule du loup.

L’avis de Ciné’xagone ()

Grâce à Frenzy, Alfred Hitchcock se remet enfin de ses relatifs échecs financiers et artistiques (Pas de Printemps pour Marnie, 1964 ; Le Rideau déchiré, 1966 ; L’Etau, 1969). Le cinéaste propose une nouvelle variante de sa trame fétiche, celle de l’homme traqué, accusé à tort de crimes qu’il n’a pas commis. Mais dans Frenzy, le spectateur suit simultanément le parcours de l’innocent et celui de l’assassin. Close sur elle-même, l’histoire ne tourne qu’autour des meurtres (de la première à la dernière séquence, des sujets de conversation aux titres des journaux) ce qui fera dira à François Truffaut que Frenzy est comme une grille de « mots croisés sur le thème du meurtre ».

Hitchcock n’avait plus posé sa caméra en Angleterre depuis 1956, pour y tourner la célèbre séquence du Royal Albert Hall de L’Homme Qui en Savait Trop (seconde version). Il y a retrouvé sans doute un peu de l’atmosphère de sa jeunesse et de ses débuts, surtout un regain de créativité et une évidente liberté, loin d’Hollywood (cf. des scènes de nue, uniques dans sa filmographie). Au crépuscule de sa prodigieuse carrière, il rompt avec ses propres codes : pour la première fois son héros n’est pas un sympathique séducteur mais un homme quelconque, désabusé et boudeur, auquel le public s’identifie malgré tout. Exit les actrices glamour qui, de Madeleine Caroll à Tippi Hedren firent partie intégrante du paysage hitchcockien, place aux femmes d’apparence plus commune (Anna Massey et Barbara Leigh-Hunt).

Le scénario, travaillé et redoutablement efficace, avec ce savant dosage d’humour et de macabre si britannique, tient en haleine sur l’inusable mode crescendo. Mais c’est encore une fois dans la forme que le « Maître du Suspense » excelle. Frenzy recèle quelques séquences d’anthologie, d’abord celles des meurtres bien sûr, marqués par les choix esthétiques déroutant opérés par le cinéaste, celle aussi du cadavre dans le camion à pommes de terre, terrifiante de réaliste. Pour la gourmandise, les cinéphiles y ajouteront le double-travelling gigantesque dans le ciel londonien qui ouvre le film…

Avec ce qui apparaît comme son ultime chef-d’œuvre, Hitchcock se montre en mesure de moderniser son cinéma et surprendre encore le public.

R.V.H.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s