‘Cul-de-Sac’

Titre original : Cul-de-Sac
Pays : Royaume-Uni
Réalisateur : Roman Polanski
Année de sortie : 1966
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage


Résumé

Rickie et Albie (Lionel Stander, Jack MacGowran) petits truands ratés, s’enlisent sur une plage de l’île de Lindisfarne, juste avant la marée haute. Rickie va chercher du secours dans le château qui domine l’île. Celui-ci est habité par George, ancien industriel (Donald Pleasance), et sa jeune épouse Teresa (Françoise Dorléac). Rickie intimide le couple et s’immisce dans son quotidien. Il ramène Albie blessé et décide d’attendre que leur organisation leur vienne en aide. Mais Albie meurt dans la nuit et la cohabitation au château est houleuse.

L’avis de Ciné’xagone ()

Dans ce petit film étrange tourné en Angleterre, Roman Polanski tente de concilier le désir d’assumer une expérimentation artistique et celui de laisser libre-cours au jeu des acteurs. Le soin évident accordé à la mise en scène – avec cette volonté de surprendre le spectateur en utilisant tout ce qu’offrent le décor et les accessoires, en multipliant les angles de vue (jusqu’à faire de la caméra un miroir dans la scène du maquillage de George) et en recourant à un découpage cadencé – en fait sur le plan formel une œuvre majeure de la filmographie de Polanski. Pour ne prendre qu’une illustration, rarement un malaise n’avait été aussi adroitement reproduit et palpable que lors du long silence gêné dans la scène du repas lors de la visite impromptue des amis du couple.

Le nombre réduit d’interprètes et le cloisonnement de l’action (ainsi que l’insinue le titre lui-même, Cul-de-Sac) concentrent l’intérêt sur les relations individuelles et leur évolution. Lionel Stander, cynique et brutal, et face à lui Donald Pleasance, dans un rôle de composition tout en excentricités, sont littéralement éblouissants. Entre eux s’insinue la silhouette sensuelle de l’épouse mystérieuse, Françoise Dorléac, intermédiaire ambiguë et laconique.

Les prestations tragicomiques de Stander et Pleasance et la maîtrise technique du réalisateur sont les contreforts d’un scénario bizarrement édifié, facteur d’une atonie récurrente. Une sensation d’ennui insidieux – est-ce en raison du caractère si déroutant des personnages ? – s’abat dès la première demi-heure de Cul-de-Sac et peine à se dissiper, malgré l’enchaînement des péripéties. Comme si l’histoire était davantage calibrée pour un court-métrage épique que pour un film de cent-cinq minutes.

Cul-de-Sac, difficilement classable et tout aussi délicat à évaluer, compte assurément parmi ces films que l’on pourra adorer ou détester.

R.V.H.

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