‘Répulsion’

Titre original : Repulsion
Pays : Royaume-Uni
Réalisateur : Roman Polanski
Année de sortie : 1965
Genre : Thriller
Type : Long-métrage


Résumé

Laissée seule pour quelques jours dans l’appartement qu’elle occupe à Londres avec sa sœur Hélène (Yvonne Furneaux), une jeune manucure angoissée et frigide, Carole (Catherine Deneuve), sombre peu à peu dans la folie, jusqu’à suivre ses pulsions meurtrières.

L’avis de Ciné’xagone ()

Avec Répulsion, Roman Polanski explore les recoins de la folie à travers le personnage de Carole. Catherine Deneuve habite totalement cette jeune fille physiquement et métaphoriquement isolée : Belge vivant à l’étranger, blonde au milieu de brunes, femme désirable à l’écart des hommes, sœur cadette laissée seule à domicile par l’aînée partie en voyage… La névrose de Carole, son glissement dans les abîmes, se nourrit de l’anodin. Répulsion frappe directement l’imaginaire et c’est en cela qu’il met si mal à l’aise. La progression du mal prend une dimension directement sensorielle dans la dégradation des matières, le minéral (fissures sur les murs), du végétal (pommes de terre germées) et de l’animal (décomposition de la viande de lapin). S’ensuivent la violence, le sang, les visions cauchemardesques et la terreur que suscite pour l’héroïne le contact physique, la sexualité.

Pour son deuxième long-métrage, réalisé en Angleterre après le succès critique du Couteau dans l’eau (1962), Polanski concilie les influences de l’expressionnisme (manifestations visuelles de l’angoisse psychotique), du cinéma hitchcockien (dès le générique, Répulsion évoque inévitablement Sueurs froides) et de la Nouvelle vague (caméra-épaule des scènes en extérieur). Le rôle dévolu au cadrage et aux jeux de lumière dans la construction de l’atmosphère mentale, la netteté maniaque de la photographie, frappante dès les premiers plans, et le recours aux bruitages obsédants en font une œuvre esthétiquement admirable. La simplicité délibérée du scénario et le manque de rythme qui caractérisent Répulsion de bout en bout finissent pas conforter l’effet que cherche à produire Polanski sur le spectateur, emprisonné auprès de l’héroïne, condamné à subir ses hallucinations, à témoigner de ses crimes.

R.V.H.

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