‘Le Dernier Tango à Paris’

Titre original : Ultimo Tango a Parigi
Pays : Italie, France
Réalisateur : Bernardo Bertolucci
Année de sortie : 1972
Genre : Drame
Type : Long-métrage


Résumé

Alors qu’il erre dans Paris, désespéré par le suicide de sa femme, Paul (Marlon Brando) rencontre par hasard Jeannette (Maria Schneider) qui s’apprête à visiter un appartement à louer. Malgré son air hagard et son comportement étrange, Paul exerce une séduction foudroyante sur la jeune femme. Ils font immédiatement l’amour dans l’appartement vide. Bien qu’ils se retrouvent tous les deux régulièrement dans les jours qui suivent, Jeannette a d’autres projets : son compagnon Tom (Jean-Pierre Léaud) s’apprête à la demander en mariage.

L’avis de Ciné’xagone ()

Dans un Paris banalisé, presque blafard, Marlon Brando traine sa quarantaine ventripotente sous l’œil curieux de la pulpeuse Maria Schneider. En dix minutes à peine, les deux inconnus finissent par se connaître (au sens biblique…). Leur liaison improbable et torride tient lieu de scénario. En périphérie, apparaît leur monde respectif : celui de Paul/Brando, triste à mourir ; celui de Jeannette/Schneider, plein de promesses et de candeur aux côtés d’un petit ami en extase artistique permanente.

Le Dernier Tango à Paris compte parmi ces films boiteux qui survivent dans la mémoire cinéphilique grâce à la réputation – ici sulfureuse – acquise dès leur sortie. Pas de quoi crier à l’usurpation pour autant : Bernardo Bertolucci, nonobstant quelques lourdeurs (ces transitions répétitives en images figées…), signe une très belle œuvre esthétiquement parlant, truffée de symboles et de mises en parallèle. La construction méticuleuse des plans, la beauté des tons et des éclairages en fort contraste avec les décors dépouillés (la rue et le métro parisien plus vrais que nature, l’appartement délabré) et la mobilité intrusive de la caméra octroient au film son absolution.

Beaucoup d’eau ayant coulé sous le zouave de l’Alma, Le Dernier Tango à Paris a perdu en grande partie son parfum de scandale, bien que la fameuse scène de la sodomie – manifestement improvisée à l’insu de Maria Schneider – ait récemment soulevé la polémique. Le scénario décousu et ennuyeux, l’érotisme surfait, et les personnages en apesanteur ne permettent pas à Bertolucci d’aller au bout de son sujet. Presque à la même époque, son compatriote Marco Ferreri réalisait La Grande bouffe (1973), film tout aussi provocateur mais bien plus distrayant, tandis que Bertrand Blier tournait Les Valseuses (1974), trépidantes et moins prétentieuses… L’idée maîtresse du Dernier Tango à Paris est celle d’un partenariat sexuel aussi spontané que stimulant, une sorte de rite initiatique charnel d’où ne peut sortir une histoire d’amour viable. Cette idée que Bertolucci conceptualise ici, le cinéaste japonais Nagisa Oshima la conduira à son point d’aboutissement, quatre ans plus tard et grâce au genre érotique, à travers L’Empire des Sens (1976).

R.V.H.

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