‘Orange Mécanique’

Titre original : A Clockwork Orange
Pays : Royaume-Uni
Réalisateur : Stanley Kubrick
Année de sortie : 1971
Genre : Anticipation
Type : Long-métrage


Résumé

Le jeune Alex (Malcom McDowell) et sa bande traînent tous les soirs dans Londres. L’ultra-violence est leur distraction favorite (passages à tabac, viols, destructions). Trop autoritaire, Alex se brouille avec ses camarades de virée qui lui tendent un piège : après avoir tué accidentellement une inconnue à son domicile, il est arrêté par la police. Pour éviter les quatorze ans de prison dont il a écopé, Alex cherche à intégrer le programme « Ludovico » : une nouvelle thérapie de désensibilisation à la violence.

L’avis de Ciné’xagone ()

Orange Mécanique a longtemps été l’étalon de la violence au cinéma. Près de quarante ans après sa sortie, la fascination qu’il exerce reste intacte même si la brutalité et la crudité à l’écran ont, depuis, largement dépassé en intensité cette œuvre maîtresse.

À partir du roman d’Anthony Burgess, Kubrick situe son récit dans un univers très proche, en apparences, de la société anglaise des années soixante-dix. Le sabir des personnages et quelques bizarreries observables dans leur environnement (mobilier, tenues vestimentaires) ne favorisent qu’une prise de distance relative avec la réalité de l’époque. Car tout est fait pour incommoder le spectateur : cet univers de dépravation et de cruauté ne relève pas de la science-fiction. Il n’imagine pas ce que demain pourrait être mais ne fait que distordre aujourd’hui… Les mésaventures d’Alex, ce bourreau devenu victime, réduit à l’impuissance par le traitement expérimental qu’il subit, interroge profondément sur la normalité, le bien et le mal. L’exubérance – quand ce n’est pas le ridicule – de tous les personnages périphériques (le directeur d’école, le gardien de prison, le ministre, les parents) brouille définitivement les frontières entre sujets sains et psychopathes. La recherche de la pureté, l’inhibition totale ne sont pas moins monstrueuses que la perversité initiale du jeune adolescent, que seule la musique de Beethoven savait émouvoir.

L’acteur Malcolm MacDowell excelle dans la peau d’Alex, individu ô combien ambivalent. Par ses regards et ses rictus, il s’emplit successivement d’animalité, d’effroi, d’espièglerie et parfois même d’intelligence. Le brio de la mise en scène et surtout du montage place en adéquation parfaite des éléments a priori hétéroclites (l’esthétique clinquante des seventies ; la souffrance physique sadique ; la musique délicate de Rossini, de Beethoven ou d’Henry Purcell réarrangée par Wendy Carlos). Le génie de Kubrick est de se situer bien au-dessus de ce qui passerait pour une provocation. Ni voyeurisme malsain ni apologie du crime dans son Orange Mécanique mais une stylisation grandiose de la violence pour offrir une authentique chef-d’œuvre – un de plus, de sa part – au Septième Art.

R.V.H.

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