‘Le Crime était presque parfait’

Titre original : Dial ‘M’ for Murder
Pays : États-Unis
Réalisateur : Alfred Hitchcock
Année de sortie : 1954
Genre : Policier
Type : Long-métrage


Résumé

Tony Wendice, un ancien champion de tennis retiré de la compétition (Ray Milland) a découvert que sa jeune épouse Margot (Grace Kelly) entretient une liaison amoureuse avec un romancier américain (Robert Cummings). Renseigné sur les agissements troubles de Swann, un vieux camarade d’études désormais connu sous le nom de Lesgate (Anthony Dawson), Tony propose au malfrat d’éliminer sa femme contre mille livres payées cash. Il a méticuleusement mis au point le scénario du crime pour que Swann ne rencontre aucun imprévu…

L’avis de Ciné’xagone ()

Doublement contraint par la technique – les lourdeurs d’un tournage en trois dimensions – et la concentration de l’action dans l’appartement du couple Wendice – conséquence de l’adaptation d’une pièce de théâtre signée Frederick Knott – Alfred Hitchcock réalise un film policier de qualité, même si sa mise en scène se révèle plus feutrée qu’à l’accoutumée. Le cinéaste, pas encore au pinacle de sa carrière, privilégie la précision des cadrages sur les détails qui feront basculer l’intrigue (les bas, les clefs, les ciseaux…). Il laisse donc de côté les grands effets esthétiques, excepté lors de la représentation, intense et surprenante, du crime lui-même et lors de la courte scène symbolisant le procès et les émotions qu’il engendre.

Il est frappant de constater combien l’efficacité du film, la fascination exercée sur le public par la mécanique criminelle, dépendent ici des interprétations, chez un réalisateur réputé d’ordinaire pour son mépris des comédiens. Ray Milland est un modèle de raffinement dans la peau de cet époux diabolique qui conserve jusqu’au bout de sa déroute l’œil pétillant et un flegme tout britannique. Face à lui, se dresse non pas Grace Kelly, relativement effacée dans cette histoire sordide dont elle est par deux fois la victime, non pas Robert Cummings, l’amant perspicace quoique trop tendre, mais le solide détective Hubbard (John Williams) que l’on croirait tout droit sorti d’un roman d’Agatha Christie.

La part importante occupée par les dialogues et l’environnement faussement protecteur du domicile conjugal dissimulent pernicieusement l’installation d’une tension progressive, qui culmine à l’heure du crime et se poursuit jusqu’à la veille de l’exécution de la peine… Sans faire de ce récit noir un authentique thriller, sans même creuser – et c’est peut-être un tort – la psychologie des personnages, notamment celle du mari trompé, Hitchcock s’amuse à faire tourner en bourrique ses personnages et son public d’un rebondissement à l’autre. C’est moins le « maître du suspense » qui étale son talent que l’amateur d’humour noir qui concocte en coulisses une farce de bon aloi.

R.V.H.

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