‘The Ghost Writer’

Titre original : The Ghost Writer
Pays : Allemagne, France, Royaume-Uni
Réalisateur : Roman Polanski
Année de sortie : 2010
Genre : Policier
Type : Long-métrage


Résumé

Après le décès par noyade du rédacteur des mémoires de l’ancien Premier ministre britannique Adam Lang (Pierce Brosnan), un jeune écrivain (Ewan McGregor) est recruté pour parachever l’ouvrage dont la sortie est imminente. Dès la conclusion du contrat, le nouveau nègre de l’homme d’État est victime d’une agression en pleine rue. Il rejoint malgré tout Lang dans sa résidence américaine pour se mettre à la tâche. Mais la mort tragique de son prédécesseur et les incohérences dans la biographie de son client laissent présager l’existence d’un lourd secret.

L’avis de Ciné’xagone ()

The Ghost Writer est une œuvre de maturité. Sans prétendre qu’elle condense toutes les thématiques du cinéma de Roman Polanski, elle en distille la part la plus fascinante, la plus psychologique. Le réalisateur franco-polonais a toujours excellé dans l’art de créer une atmosphère ; il réussit ici, sans recours à la démence ni au surnaturel, à plonger son récit dans un environnement subtilement angoissant, dans la villa moderne et insulaire de Lang, près des plages balayées par les vents. La crainte permanente de l’orage (au sens propre comme au figuré) électrise un récit qui avance sur la pointe des pieds… Si la curiosité est à vif, c’est parce que l’énigme semble tenir de l’invraisemblance : pourquoi de simples mémoires politiques peuvent-ils mettre en péril la vie d’un prête-plume ?

Construit comme une enquête policière à partir des découvertes, fortuites ou voulues, du personnage de l’« écrivain fantôme », le film trouve aussi son originalité dans un arrière-fond historique brumeux. Adam Lang, décalque fictif de Tony Blair, est sur le point de publier son livre autobiographique lorsque éclate un scandale international autour de sa personne : une accusation de complicité de crime contre l’humanité à l’occasion de la lutte contre le terrorisme au Moyen-Orient. Le brio du roman de l’ancien journaliste politique Robert Harris (dont est fidèlement issu le scénario) et du film de Polanski résulte de l’interpénétration progressive de ces deux événements, l’anodin et le gravissime. Les teintes maussades de la photographie laissent place à la pénombre nocturne lorsque le personnage principal approche de la vérité et qu’il devient même le témoin d’un ultime drame. L’habile mise en scène de la cérémonie de présentation du livre qui achève le film prouve qu’après cinquante ans de cinéma, Roman Polanski n’a perdu ni l’inspiration ni le feu sacré.

R.V.H.

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