‘La Dolce Vita’

Titre original : La Dolce Vita
Pays : Italie, France
Réalisateur : Federico Fellini
Année de sortie : 1960
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage


Résumé

Alors que ses relations avec sa fiancée Emma (Yvonne Furneaux) battent de l’aile, Marcello Rubini (Marcello Mastroianni), un jeune journaliste impécunieux, se distrait parmi ses connaissances mondaines. Il flirte avec Maddalena, une bourgeoise lascive (Anouk Aimée), et fait la connaissance de l’envoûtante actrice Sylvia (Anita Ekberg). Mais la vie romaine nocturne ne parvient pas à combler Marcello…

L’avis de Ciné’xagone ()

La Dolce Vita, couronnée à Cannes d’une Palme d’or, se situe dans la filmographie du maestro Fellini entre Les Nuits de Cabiria (1957) et Huit et Demi (1963). C’est dire si la période est faste pour le cinéaste. Cette œuvre majeure apparaît à l’évidence comme la charnière entre le néoréalisme italien (dont Fellini fut l’un des représentants, non le principal) et l’univers fellinien par excellence, qui explosera quelques années plus tard avec Satyricon (1969) et Amarcord (1972). Dans la scène de la danse, magnifiée par Anita Ekberg, dans la communion mystique qui suit l’apparition prétendue de la Vierge, ou dans l’orgie finale, s’insinue déjà la folie codifiée propre au cinéaste.

Nonobstant sa longueur et la construction « en tableaux » du récit, La Dolce Vita captive par l’apparente désinvolture de son propos, par l’insouciance tellement forcée du personnage de Marcello qu’elle en devient suspecte, à raison. Derrière le journalisme chasseur de scoops qui vole de soirées en soirées, l’homme inquiet, sentimentalement perdu, socialement frustré et financièrement insatisfait peine à se dissimuler. La « douceur de vivre » désigne bien par antiphrase la futilité de la haute société romaine. L’action se déroule essentiellement de nuit, dans les établissements où se croisent la bourgeoisie désœuvrée et la classe moyenne ambitieuse. Artistes en vogue, femmes désirables et reporters indiscrets… Par opposition, la période diurne est systématiquement propice au désenchantement et à l’effondrement des illusions : le jour se lève sur la fontaine de Trevi et Marcello ne possédera pas Sylvia ; un jour de grand beau temps, l’ami dont il enviait la réussite se donne la mort ; à la fin de la dernière soirée, il est gagné par la lassitude, la fatigue et l’absurdité de son existence ; à l’aube, meurt aussi l’enfant malade qui attendait un miracle venu du ciel… Entre la comédie dramatique et la chronique sociale, La Dolce Vita jette un regard amusé mais impitoyable sur une Italie d’après-guerre qui mêle, dans un fatras incongru, la dévotion maritale, le libertinage de salon et la société du spectacle, avec la montée en puissance de médias omniprésents et ineptes.

Moins sordide que décevante, la vie quotidienne de Marcello – point de focalisation du film – est faite de rêves déçus et de beaucoup d’amertume. Fellini l’enveloppe élégamment d’une ambiance tiède, accueillante, à partir de la musique légère de Nino Rota, d’une photographie éblouissante et d’un art d’occuper l’espace filmé (format large Totalscope) quasi-magique, quelle que soit la scène. Et que dire des immenses acteurs qui se prêtent au jeu ? Peut-être que Marcello Mastroianni transporte, qu’Anita Ekberg désarme, qu’Yvonne Furneaux émeut et qu’Anouk Aimée séduit… Mais on est encore bien en-dessous de la vérité.

R.V.H.

 

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