‘La Tatoué’

Titre original : Le Tatoué
Pays : France, Italie
Réalisateur : Denys de la Patellière
Année de sortie : 1968
Genre : Comédie
Type : Long-métrage


Résumé

L’ancien légionnaire Legrain (Jean Gabin) porte sur son dos un tatouage effectué de la main même de Modigliani. Découvrant l’œuvre insolite, Félicien Mézeray, marchand d’art sans scrupules (Louis de Funès), tente l’impossible pour convaincre Legrain de vendre le dessin. Legrain est prêt à céder son Modigliani en échange du financement des travaux de sa maison de campagne. Mézeray pense être venu à bout de la résistance du militaire avant de découvrir que la maison n’est autre qu’un grand château médiéval en ruines, perdu dans le Périgord…

L’avis de Ciné’xagone ()

À partir d’un scénario ébauché par Alphonse Boudard, Denys de la Patellière (Un taxi pour Tobrouk ; Du Rififi à Paname…) réunit pour la quatrième fois à l’écran Jean Gabin et Louis de Funès dans un face-à-face en demi-teinte. Rubicon et plus gueulard que jamais, le premier fait jouer le métier dans un rôle qui n’apporte rien à sa carrière finissante. Le second entend monopoliser l’écran dans son registre habituel, habitant un personnage à mi-chemin entre le bourgeois grotesque à la Molinaro et le bourgeois cynique à la Oury. Le duo peine à trouver son harmonie, entre les excès d’agitation de De Funès et les postures caricaturales de Gabin.

Du côté de l’histoire, les bonnes idées fusent mais le synopsis ne suit pas… Décousu, glissant involontairement vers la succession de saynètes, le récit s’alourdit de ressors comiques itératifs et déjà dépassés pour l’époque (autour du valet noir, de la chasse aux pilleurs dans le labyrinthe du château, du nom de l’entrepreneur maçon…) Denys de la Patellière n’a pas tranché entre la grosse farce familiale et la comédie plus ambitieuse que ses velléités esthétiques laissent pourtant deviner. L’entre-deux est, dans ce cas, le pire qui soit. Le film apparaît clairement bâclé.

Pour peu que l’on goûte aux comédies françaises de la grande époque, Le Tatoué laisse paradoxalement un souvenir plutôt agréable. Le cadre pittoresque de l’action (le château des comtes de Montignac, en Périgord), le personnage haut-en-couleur interprété par Jean Gabin, la bande-originale aux accents jazz de Georges Garvarentz et l’appel des sens (art, nature, gastronomie) en guise de leitmotiv sont autant d’attraits qui compensent, insuffisamment toutefois, les faiblesses du scénario et la qualité hétérogène des gags.

R.V.H.

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