‘L’Auberge rouge’

Titre original : L’Auberge rouge
Pays : France
Réalisateur : Claude Autant-Lara
Année de sortie : 1951
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage


Résumé

Peyrebeille, Ardèche, hiver 1833. Des voyageurs font escale dans une auberge isolée pour passer la nuit et réparer leur diligence endommagée. Ils ignorent qu’ils doivent servir de proies aux tenanciers (Julien Carette, Françoise Rosay), un couple d’affreux détrousseurs qui tuent leurs clients pour les dépouiller. Mais l’arrivée d’un prêtre (Fernandel) et de son novice (Didier d’Yd) va bouleverser les plans des aubergistes.

L’avis de Ciné’xagone ()

Claude Autant-Lara a choisi l’une des affaires criminelles les plus sordides du XIXe siècle pour trame de cette mémorable Auberge rouge. Confinés entre les murs de pierre d’un gîte de campagne, les protagonistes s’occupent au tarot et ignorent qu’ils jouent aussi leur destin. Le caractère burlesque de tous ces personnages – le singe du forain trucidé, les aubergistes tout en cynisme, les passagers grotesques de la diligence comme le religieux incarné par Fernandel, toujours dans la surréaction – ne contrarie pas l’atmosphère réellement glaçante que le réalisateur a conféré à son œuvre.

La tension permanente entre le rire et l’effroi jaillit des confrontations croisées. Les assassins se disputent sur l’opportunité de massacrer leurs convives, ils contestent aux indigents le droit de passer la nuit à l’Auberge, leur fille Mathilde attise leur inquiétude en tombant sous le charme du jeune novice et, bien sûr, le brave moine donne à ses hôtes du fil à retordre en tentant de les confondre sans trahir le secret de la confession… Le sentiment d’isolement spatial, déjà accentué par la nuit et la tempête de neige, tient aussi à la mise en scène et au montage d’Autant-Lara, qui privilégient les plans rapprochés et excluent presque toute excursion hors de l’auberge. Le spectateur partage sans discontinuité la promiscuité des voyageurs et une part de leur l’angoisse.

Grande vedette en ce début des années 1950, Fernandel ajoute à sa filmographie une nouvelle œuvre-repère, quoique sa prestation n’est pas loin d’être éclipsée par celle, monstrueuse, de Julien Carette. Épatant !

R.V.H.

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