‘Mon oncle Benjamin’

Titre original : Mon oncle Benjamin – L’homme à l’habit rouge
Pays : France, Italie
Réalisateur : Édouard Molinaro
Année de sortie : 1969
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage


Résumé

Au milieu du XVIIIe siècle, Benjamin Rathery (Jacques Brel), médecin des pauvres de la campagne, vit une existence insouciante, « entre le cul des filles et le cul des bouteilles ». Tandis que le docteur Minxit (Paul Frankeur), son meilleur ami, lui offre la main de sa fille Arabelle (Lyne Chardonnet), Benjamin poursuit de ses assiduités Manette (Claude Jade), fille d’aubergiste. Manette l’aime mais tient à rester chaste en attendant le mariage. Par l’accumulation de dettes et par ses provocations contre le marquis de Cambyse (Bernard Blier), Benjamin finit par s’attirer de graves ennuis…

L’avis de Ciné’xagone ()

Les amoureux de Claude Tillier ne retrouveront pas, dans cette adaptation finalement très libre, l’esprit plus sombre, plus pamphlétaire du roman paru en 1843. Édouard Molinaro s’est inspiré de certains épisodes de l’œuvre écrite pour réaliser un film délicieusement poétique, résolument paillard mais authentiquement philosophique. L’habileté du réalisateur français est d’avoir compensé le manque de ligne directrice de l’histoire par une succession ininterrompue de péripéties qui doivent énormément aux jeux d’acteurs. Comme si l’enthousiasme manifeste de Jacques Brel, le charme de Claude Jade et la carrure des seconds rôles (Paul Frankeur, Alfred Adam, Rosy Varte, Paul Préboist, Bernard Blier…) donnaient au film la garniture qui fait défaut au scénario.

Le plaisir que procure le visionnage de Mon oncle Benjamin – avec ses accents désinvoltes et sa célébration des jouissances éphémères, puisque le corps s’abime et le tonneau se vide – l’emporte définitivement sur les quelques réserves tirées d’une comparaison trop facile entre l’ouvrage éponyme et sa lointaine transposition à l’écran. La décontextualisation des faits (Tillier écrivait sous Louis-Philippe) rendait caduque, sur grand écran, la critique très appuyée de la monarchie. Celle-ci s’est mue en peinture subtile des vices respectifs de la noblesse, de la bourgeoisie et des pauvres. Le film a pourtant su conserver de la fibre politique des aventures de Benjamin Rathery tant la provocation mordante contre l’élite privilégiée que la relativisation du bonheur terrestre. Il a su leur rendre le seul véritable hommage qui vaille : en démontrer toute la modernité et rendre intemporelles leurs « leçons de vie ».

R.V.H.

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