‘À bout de souffle’

Titre original : À bout de souffle
Pays : France
Réalisateur : Jean-Luc Godard
Année de sortie : 1960
Genre : Drame
Type : Long-métrage


Résumé

Après le vol d’une voiture, Michel Poiccard (Jean-Paul Belmondo) abat un gendarme qui l’avait pris en chasse sur la RN7. Fugitif, il retrouve à Paris la belle Patricia (Jean Seberg) avec laquelle il a eu une liaison. Recherché par toutes les polices, il est obnubilé par Patricia dont il est en train de tomber amoureux et insiste pour qu’elle couche à nouveau avec lui. Mais en restant à Paris, il s’expose au danger.

L’avis de Ciné’xagone ()

À sa sortie en salles en 1960, À bout de souffle a été une œuvre charnière, emblème absolu de la Nouvelle Vague française et, en cela, porte ouverte sur une grammaire novatrice. Sans se départir totalement de la construction classique des fictions, contrairement à ce que fera Bergman avec Persona (1966), Godard rompt avec les canons de la narration qu’il désacralise. Tout surprend : la trame de l’histoire, d’un extrême simplisme, la banalité quasi dérangeante des dialogues, le filmage (caméra sur l’épaule) et le montage (ellipses), jusque au jeu des acteurs antinaturel à force de vouloir sembler naturel. Pourtant traversés par des sentiments contradictoires (Patricia) ou puissants (Michel), les personnages paraissent détachés de leur destin et ne renvoient au spectateur qu’un sentiment de lassitude générale.

Dès ce premier long métrage, Godard déclenche le débat que toute son œuvre future alimentera : créateur de génie ou absurde fumiste ? Il y a chez Godard, à partir de cet acte fondateur, une conception personnelle du langage cinématographique et un sens indéniable de l’effet visuel qui ne trompent pas (gros plans, jeux avec les reflets, utilisation optimale des décors urbains, épuration de la violence). À bout de souffle marque une rupture avec les conventions et, à défaut de faire l’unanimité, impose une remise en question de l’art lui-même. Le message, les valeurs et en fin de compte la profondeur que l’on prête parfois au film sont en revanche plus discutables.

R.V.H.

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