‘Cyrano de Bergerac’

Titre original : Cyrano de Bergerac
Pays : France
Réalisateur : Jean-Paul Rappeneau
Année de sortie : 1990
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage


Résumé

Prétendant de sa cousine Roxane (Anne Brochet), Savinien de Cyrano (Gérard Depardieu), de la troupe des Cadets du Roi, ne cultive aucune illusion. La longueur démesurée de son nez le disqualifie pour le bonheur amoureux. Cyrano préfère mettre son art poétique au service de Christian (Vincent Pérez), bel homme sans verve mais aimé de Roxane.

L’avis de Ciné’xagone ()

Il fallait le brio du scénariste/dialoguiste Jean-Claude Carrière et le goût du travail bien fait du réalisateur Jean-Paul Rappeneau (Les Mariés de l’An II) pour faire de l’adaptation du Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand non une pièce filmée mais un vrai morceau de cinéma. Loin de trahir la plume brillante de Rostand, Carrière et Rappeneau donnent un supplément de souffle à l’œuvre théâtrale en construisant une épopée. Le duel au fleuret et la bataille des Cadets contre les Espagnols, à chacune de ses extrémités, rapprochent le film du genre cape et épée voire de la fresque.

Le respect de la rythmique et de la versification des dialogues (les alexandrins de Rostand) crée inévitablement une distorsion entre la trame historique et sa représentation stylisée. Le contraste est délibérément marqué. La qualité des costumes et des décors, la recherche de l’atmosphère d’une époque (le théâtre, la boulangerie de Ragueneau, le campement de la garnison) impressionnent – quand bien même la bande originale épique composée par Jean-Claude Petit est un peu caricaturale – autant que le verbe des personnages divertit, émeut, amuse.

Gérard Depardieu, déjà vibrant dans le rôle historique de Danton (Andrzej Wajda, 1983) et génial Christophe Colomb en devenir (Ridley Scott, 1992), trouve en Cyrano un personnage à sa démesure. La force de son jeu, le naturel et la sincérité qui s’en dégagent malgré l’artifice du vers, évitent au film l’engourdissement qui, de loin en loin, le menace sur les deux heures et quinze minutes de son étendue. Le choix des autres acteurs se révèle subtil : pas de grande vedette pour donner la réplique à Depardieu mais la douceur d’Anne Brochet et le charisme de Jacques Weber. Et si l’on peut juger hâtivement que Vincent Pérez manque d’épaisseur dans ce qui est le quatrième rôle de sa carrière au cinéma, cette transparence relative n’est que la marque du personnage de Christian qu’il incarne.

En matière d’adaptation d’une grande pièce sur le grand écran, Cyrano de Bergerac reste bien une référence.

R.V.H.

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