‘Bohemian Rhapsody’

Titre original : Bohemian Rhapsody
Pays : États-Unis, Royaume-Uni
Réalisateur : Bryan Singer
Année de sortie : 2018
Genre : Drame biographique
Type : Long-métrage


Résumé

À l’âge de 24 ans, Farrokh Bulsara (Rami Malek) rencontre Smile, un groupe de jeunes musiciens qui se produit dans les clubs londoniens. Lâché par son chanteur, le groupe est sauvé de la dissolution par Farrokh et sa voix d’or. Sous le nom de Freddy Mercury, il contribue à la montée en puissance de Smile. Mercury et ses compagnons, le guitariste Brian May, le bassiste John Deacon et le batteur Roger Taylor (Gwilym Lee, Joseph Mazzello et Ben Hardy) deviennent Queen et enregistrent dès 1973 leur premier album. Le succès, l’argent et les soirées orgiaques remplissent la vie de Mercury. Au début des années 1980, l’artiste paraît perdre son goût pour la musique.

L’avis de Ciné’xagone ()

En 135 minutes, Bohemian Rhapsody entend résumer l’essentiel de la carrière du groupe Queen, de la rencontre entre Mercury et les membres de Smile en 1970 jusqu’au concert donné à Wembley en 1985 pour l’événement Live Aid. Le défi était élevé, le tournage s’est avéré chaotique et le résultat est sans surprise. La performance magistrale de Rami Malek dans le rôle de Freddy Mercury impressionne et, de manière générale, la distribution convainc. Mais c’est à peu près tout…

Ses auteurs souhaitaient cultiver le mythe Queen – ou plus exactement la légende Mercury – sans tomber dans la complaisance ni la vulgarité. En la matière, la réussite de Bohemian Rhapsody est telle que le film ne donne rien à voir, sinon une succession de « repères biographiques » (enregistrements d’albums, signatures de contrats, concerts…) entrecoupée d’incursions étrangement pudiques dans la vie privée du chanteur-star. La progression temporelle de l’histoire pose elle aussi problème. L’enchaînement bien trop rapide des événements qui conduisent le groupe des boîtes étudiantes aux scènes américaines fait l’économie regrettable de toute approche analytique et documentaire. La légèreté avec laquelle le sujet est traité apparaît plus évidente encore dans la seconde moitié du film. Bryan Singer et le scénariste Anthony McCarten bazardent sans ménagement la vérité historique pour privilégier la narration d’une histoire belle à raconter. Tout est réécrit sans gêne pour que le point d’orgue, le set de 20 minutes au Live Aid de Wembley, apparaisse comme un événement hors du commun (soi-disant réunion de Queen après une rupture qui n’a jamais eu lieu, connaissance prétendue par les membres du groupe de la maladie incurable de Mercury, incertitudes sur les capacités vocales du chanteur avant le jour J…).

À l’évidence, tout le film n’est qu’un prétexte à la reconstitution intégrale du concert de Wembley, clou du spectacle. Séquence intense grâce à la prestation de Queen, elle aurait pu devenir exceptionnelle sans la platitude de la mise en scène. Bohemian Rhapsody se complet dans la facilité mais profite opportunément de la grande popularité du groupe, dix-sept ans après la mort de Mercury, pour enregistrer un franc succès au box-office... Pas certain pour autant que les fans ultimes du groupe y trouvent leur compte. Le nombre d’entrées compense en définitive ce qui ressemble bien à un ratage artistique.

R.V.H.

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