‘Les Oiseaux’

Titre original : The Birds
Pays : États-Unis
Réalisateur : Alfred Hitchcock
Année de sortie : 1963
Genre : Fantastique
Type : Long-métrage


Résumé

Mélanie Daniels (Tippi Hedren), jeune journaliste frivole, se rend à Bodega Bay, au nord-ouest de San Francisco, où l’homme qu’elle désire séduire, l’avocat Mitch Brenner (Rod Taylor), passe le week-end en famille. Peu de temps après l’arrivée de Mélanie, des phénomènes inquiétants surviennent dans la petite ville côtière : plusieurs habitants sont attaqués et blessés par des oiseaux.

L’avis de Ciné’xagone ()

Pour succéder à un policier en noir et blanc et à faible coût (Psychose, 1960), Alfred Hitchcock s’est lancé dans un projet quasi antithétique : la réalisation d’un grand film catastrophe qui représentait, pour l’époque, un ambitieux défi technique doté d’un budget confortable (2,5 millions de dollars). Avec Les Oiseaux, son œuvre la plus populaire avec le recul, Hitchcock a prouvé aux critiques et à lui-même sa capacité de renouvellement et sa stature de cinéaste moderne apte à surprendre encore le public. La structure du film, cette montée progressive de la terreur par des scènes traumatisantes alternant avec des séquences d’apaisement à pu servir de modèle à ses émules, notamment Steven Spielberg (Les dents de la mer, 1976 ; Jurassic Park, 1993). Ironie du sort, Les Oiseaux, vrai coup de maître, sera aussi le dernier grand film du réalisateur avant une fin de carrière en demi-teinte.

Remarquable par la qualité de ses effets spéciaux novateurs, par la singularité de sa bande-originale (constituée uniquement de pépiements), Les Oiseaux l’est aussi par la force des interprétations, à la hauteur des personnages soigneusement travaillés par Hitchcock et son scénariste Ed McBain. Dirigés par Hitchcock pour la première fois, la blonde Tippi Hedren, Rod Taylor, bien qu’inexpérimentés, ainsi que Jessica Tandy (la mère de Mitch) excellent. Hitchcock travaille les rivalités interpersonnelles au sein d’un quatuor complété par Suzanne Pleshette dans le rôle de l’institutrice Annie. Amour, jalousie, défiance, possessivité s’expriment sans envahir l’espace puisque les grandes vedettes du film, dixit Hitchcock, sont les oiseaux eux-mêmes. Entre deux attaques de volatiles, place aux enjeux sentimentaux, traités par le cinéaste américain avec l’humour, la passion et une certaine dose de cruauté qu’il affectionne. Pour s’exprimer, il s’attache aux détails plus que dans n’importe quel autre de ses films, ce que traduisent tant l’emploi des gros plans et inserts que le recours insistant aux images « chocs » (les ballons éclatés, les tasses brisées…)

La conclusion très ouverte fait aussi parti du mythe associé au film. Critiquée, détestée, décevante ou surprenante a minima, elle met un terme brutal à un récit dans lequel n’ont pas manqué les séquences intenses (l’attaque de l’école et de la station-service, la scène du grenier, la visite à la ferme Fossett…). La frustration qu’elle engendre n’ôte rien, pourtant, à l’excellence de l’œuvre.

R.V.H.

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