‘Y a-t-il un Français dans la salle ?’

Titre original : Y a-t-il un Français dans la salle ?
Pays : France
Réalisateur : Jean-Pierre Mocky
Année de sortie : 1982
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage


Résumé

Président du puissant parti RAS, Horace Tumelat (Victor Lanoux) apprend le suicide de son oncle Eusèbe. Dans le pavillon de celui-ci, il découvre un maître chanteur (Jacques Dufilho) qui était son prisonnier depuis dix-sept ans. Tumelat, dont la carrière politique pourrait être détruite par les révélations de celui-ci, décide de le maintenir en captivité. Mais un jeune inspecteur de police (Jean-François Stévenin) et un journaliste indiscret (Jacques Dutronc) filent le politicien, persuadés que la maison du vieil Eusèbe renferme un secret d’État.

L’avis de Ciné’xagone ()

Jean-Pierre Mocky adapte pour la première fois à l’écran un ouvrage de San-Antonio (roman sans lien avec la policière homonyme). Il reviendra à cet auteur dix ans plus tard avec Le Mari de Léon. Hormis un casting détonnant, Y a-t-il un Français dans la salle ? n’offre pas grand-chose à voir, encore moins à retenir…

Le fil de cette histoire tarabiscotée – laquelle prenait sous la plume de Frédéric Dard une dimension extraordinaire, colorée de violence et de désespoir – se déroule à l’écran par saccades. Pas de grande séquence ni d’effusions ; les personnages subissent leur destin telles des marionnettes. Est-ce la conséquence immédiate du jeu d’acteur, globalement médiocre ? Pas uniquement, même si le peu d’implication des interprètes laisse penaud, en particulier Jacques Dutronc, à côté de ses pompes, et Victor Lanoux, auquel la froideur tient lieu de gravité. Plus inspirés, Jacqueline Maillan, Jacques Dufilho et Michel Galabru attirent davantage l’attention dans leurs petits rôles respectifs. Mais ce sont surtout le manque d’envergure du scénario et la platitude des dialogues qui ruinent toute velléité de faire de ce film une belle satire du milieu politico-médiatique. L’atmosphère glauque et petite-bourgeoise, présente dans le roman, est bien rendue par les décors hideux et la photographie terne. Comme si le je-m’en-foutisme de Mocky avait presque valeur de cachet artistique quand il s’agissait de peindre un monde aussi cynique, terre-à-terre et clos que celui où évoluent le président Tumelat, ses courtisans et ses ennemis.

À peine divertissant, Y a-t-il un Français dans la salle ?, sans être un navet absolu, appartient à la catégorie frustrante des œuvres bâclées sans même s’être offert le luxe de l’ambition.

R.V.H.

 

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