‘1917’

Titre original : 1917
Pays : États-Unis, Royaume-Uni
Réalisateur : Sam Mendes
Année de sortie : 2019
Genre : Guerre
Type : Long-métrage


Résumé

Sur le front nord de la France, le 6 avril 1917, deux soldats du 8e bataillon anglais, Will Schofield (George MacKay) et Tom Blake (Dean-Charles Chapman) reçoivent de l’état-major la mission de traverser les lignes ennemies au péril de leur vie et de porter un ordre au commandant MacKenzie (Benedict Cumberbatch). S’ils échouent, le piège stratégique tendu par les Allemands se refermera sur les troupes britanniques.

L’avis de Ciné’xagone ()

Le film de guerre, après Le Jour le plus long, Apocalypse Now, Full Metal Jacket ou Platoon pouvait-il connaître un renouveau ? Le réalisateur Sam Mendes, connu du grand public pour deux récents volets de la série James Bond (Skyfall et Spectre) apporte une réponse brillamment positive. L’époustouflant 1917 doit beaucoup à son époque et au perfectionnement du numérique. À l’instar d’Alejandro G. Iñárritu, il relève le défi du plan-séquence unique. Mendes, dont le film se compose en réalité de deux plans, assigne à ce procédé un objectif sensoriel qui manquait cruellement à Birdman, Iñárritu déployant la technique pour la technique. La filiation avec les célèbres travellings dans les tranchées des Sentiers de la gloire (Stanley Kubrick, 1957) n’est pas usurpée. Mendes parachève respectueusement la recherche esthétique de son illustre prédécesseur.

Quoique la musique orchestrale s’immisce souvent au milieu des bruitages naturels, l’immersion est totale. Le réalisateur britannique assume de privilégier la reconstitution d’un univers plutôt que l’exactitude historique. Les récits autobiographiques livrés par son grand-père Alfred, écrivain et vétéran de la Grande guerre, ont été pour Sam Mendes la source d’inspiration première de cette œuvre qui entend faire vivre la tranchée et la destruction d’une civilisation au spectateur blasé du XXIe siècle. À l’écran, le conflit se raconte avec la poussière et la sueur, le sang et la boue, les éclats d’obus et jusqu’aux flammes qui dévorent la petite ville d’Écoust en un incendie infernal, par les cadavres embusqués derrière chaque crête et par les sentinelles ennemies redoutées dans le moindre refuge. Construit comme un film d’épouvante, avec ses pointes d’angoisse et ses séquences d’accalmie, 1917 prend par les tripes, non par les sentiments.

Un peu de distance conduira immanquablement à jauger les faiblesses de cette reconstitution spectaculaire, en l’occurrence la minceur du scénario – sinon des personnages malgré le jeu impeccable de Georges MacKay et de Dean-Charles Chapman – et les quelques invraisemblances. Mais si l’effet produit au présent doit être seul juge, alors 1917 débarque illico dans la catégorie des chefs-d’œuvre.

R.V.H.

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