‘Le Cercle rouge’

Titre original : Le Cercle rouge
Pays : France, Italie
Réalisateur : Jean-Pierre Melville
Année de sortie : 1970
Genre : Policier
Type : Long-métrage


Résumé

Tandis que Corey (Alain Delon) est remis en liberté après cinq ans de prison, Vogel (Gian-Maria Volonté), un criminel fraîchement arrêté, échappe à la surveillance du commissaire Mattei (Bourvil). Les chemins des deux hommes vont, par le fait du hasard, se rapprocher. Sur les indications du gardien de cellule de Corey et avec l’aide d’un ex-flic spécialiste de la balistique (Yves Montand), ils décident ensemble de préparer un casse dans une grande bijouterie parisienne, place Vendôme.

L’avis de Ciné’xagone ()

Composition de grand style sur la thématique de la croisée des destins et de la fatalité, Le Cercle rouge est l’œuvre-maîtresse du cinéma de Jean-Pierre Melville. Enveloppé dans l’envoûtante musique composée par Éric de Marsan, avec cuivres et piano, le film retrace l’itinéraire d’un trio de malfaiteurs que rien ne devait a priori réunir. Réduisant les dialogues à un banal élément de la bande-son, Melville offre à la contemplation les tactiques criminelles et la mécanique d’un hold-up de haut niveau. Il en résulte une succession de séquences mémorables, silencieuses, méticuleusement assemblées, fascinantes : évasion d’un train, battue et traque policières, meurtres improvisés, rencontres clandestines, préparatifs de l’opération, jusqu’à l’apothéose, le casse de la bijouterie, un chef d’œuvre dans le chef d’œuvre.

L’épuration maximale de l’intrigue policière laisse les personnages tendus vers leur seul but, le cambriolage risqué qu’ils projettent. Alain Delon campe un ancien-taulard dont la froideur n’est guère éloignée de celle de ce Jef Costello qu’il incarnait dans Le Samouraï (Melville, 1967). Gian-Maria Volonté semble plus à l’étroit, plus passif dans la peau du tout aussi taciturne Vogel. À contre-emploi et tout en finesse, Bourvil brille à l’écran dans ce qui sera l’un de ses ultimes rôles avant sa disparition prématurée. De toutes, l’interprétation d’Yvan Montand reste sans doute la plus admirable. Le flic alcoolique reclus, en proie au delirum tremens, ressuscite en tireur d’élite sevré et lucide, sans illusion sur son ancien corps professionnel ni sur le milieu de la pègre.

Si l’on pense d’abord visionner Le Cercle rouge pour la confrontation de quatre monstres sacrés du cinéma, la singularité des personnages fait vite oublier ceux qui leur prêtent un visage. L’atmosphère policière emporte tout. C’est bien l’action, feutrée, ordonnée, providentielle, qui tient la vedette.

R.V.H.

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