‘L’homme qui aimait les femmes’

Titre original : L’homme qui aimait les femmes
Pays : France
Réalisateur : François Truffaut
Année de sortie : 1977
Genre : Drame
Type : Long-métrage


Résumé

Bertrand Morane (Charles Denner), ingénieur aérodynamicien quarantenaire, fasciné par les femmes, accumule les aventures et les rencontres, sans parvenir à s’attacher. Il décide d’écrire un récit biographique pour célébrer toutes celles qui ont agrémenté sa vie.

L’avis de Ciné’xagone ()

Faut-il voir dans ce mystérieux Bertrand Morane, si magnifiquement interprété par Charles Denner, un satire, un fétichiste, un insatiable collectionneur de femmes et, dans le prolongement de son personnage central, L’homme qui aimait les femmes comme un film immoral, sinon misogyne ? Certains l’ont fait en 1977, et risquent bien de le faire plus encore dans l’atmosphère ô combien culpabilisatrice du XXIe siècle… Et pourtant, il n’y a dans les aventures de ce séducteur, exceptionnelles et banales à la fois, rien de tout cela, aucune perversité, ni intention de nuire, et encore moins de jouir d’un plaisir à sens unique. Morane ne fait à ses conquêtes aucune promesse. Comme il le dit lui-même, il n’est pas un détestable dragueur, plutôt un esthète qui convoite ce qu’il admire le plus et ne pourra jamais posséder en totalité : la femme. Pour caresser cet absolu, Morane aime, désire, cède et aime encore. Chacune de ses maîtresses possède une qualité propre, qu’aucune autre ne peut détenir. Pourquoi donc chercher la perfection en une seule, alors qu’elles forment cette perfection toutes réunies ?

Les œuvres tardives de François Truffaut sont belles parce qu’elles tentent de sonder toujours plus profondément ce que l’être a de plus insondable et qui fait sa faiblesse : le désir obsessionnel, l’amour destructeur (La femme d’à côté), l’attrait craintif de la mort (La chambre verte)… L’homme qui aimait les femmes, composition sensuelle, agréable, émouvante et pleine de simplicité pourtant, s’inscrit dans cette recherche ontologique effrénée. Le film mérite ainsi d’être rétabli dans son contexte, c’est-à-dire au cœur de l’œuvre truffaldienne, autobiographique par instinct, dont il est un pilier majeur. Il s’agit certainement de la réalisation la plus personnelle du cinéaste, avant même la saga Antoine Doinel. En cet homme cernés de livres et de femmes, le cinéphile reconnait sans mal l’éternel séducteur qu’était François Truffaut.

Sur le plan esthétique, le film s’avère plus conventionnel et, mille fois hélas, assez décevant. Le réalisateur, comme absorbé par le destin d’un personnage auquel il réserve une fin presque grotesque, néglige ce qui est le cœur même de son sujet : la beauté des femmes. Un comble. À l’exception notoire de ces gracieux ballets de jambes, authentique leitmotiv, Truffaut ne parvient pas à tirer de ses actrices ce qu’elles ont de plus ensorcelant, comme il avait su le faire par le passé avec Jeanne Moreau, Catherine Deneuve ou Jacqueline Bisset. Le spectateur ne regarde jamais vraiment les femmes à travers les yeux de Bertrand Morane. Là réside l’échec cruel de L’homme qui aimait les femmes.

R.V.H.

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