‘De Gaulle’

Titre original : De Gaulle
Pays : France
Réalisateur : Gabriel Le Bomin
Année de sortie : 2020
Genre : Drame historique
Type : Long-métrage


Résumé

En mai 1940, le colonel Charles de Gaulle (Lambert Wilson) est promu général de brigade à la suite de la contre-offensive de Montcornet. Sur proposition du président du conseil Paul Reynaud (Olivier Gourmet), il entre au gouvernement avec l’espoir d’imposer la poursuite de la guerre malgré l’avancée des troupes allemandes. Le 17 juin, constatant que le maréchal Pétain, partisan de l’arrêt immédiat des combats, a contraint Reynaud à la démission, il gagne Londres sans son épouse Yvonne (Isabelle Carré) ni leurs enfants pour lancer un appel radiophonique à la résistance.

L’avis de Ciné’xagone ()

Rompu aux documentaires politiques, Gabriel Le Bomin évoque l’homme derrière le général du 18 juin, le militaire droit dans ses bottes prêt au sacrifice de soi pour accomplir l’acte fondateur qui sauvera le pays de l’humiliation. Difficile pourtant de qualifier ce film de « biographique », tant la période qu’il parcourt est brève (mai-juin 1940). Avec De Gaulle, Le Bomin pointe sa caméra sur la vie de Charles et Yvonne alors que leur destin familial s’apprête à basculer. Lambert Wilson et Isabelle Carré se seraient-ils sentis écrasés par la grandeur de leurs modèles pour livrer un jeu aussi empesé ? À bien y regarder, les acteurs, premiers comme seconds rôles, semblent moins à blâmer que le metteur en scène lui-même. Wilson, quoiqu’il ait adopté avec réussite la gestuelle guindée de son personnage, s’exprime comme s’expriment tous les comédiens réunis dans ce film : avec une absence sidérante de naturel qui reflète moins l’époque et le contexte historique que les préjugés qu’ils attisent. En faisant parler les époux de Gaulle comme leurs caricatures, Le Bomin manque en bonne partie son effet, ôtant aux scènes plus intimes (baisers, caresses, attention donnée à Anne, leur fille handicapée …) ce qu’elles pouvaient receler d’authentique, étouffant du même coup la diffusion des émotions.  

Le scénario, pour sa part, pêche par manque d’ambition, en se cantonnant à retracer le quotidien de De Gaulle dans les semaines qui précèdent le célèbre appel à la Résistance sur les ondes de la BBC. On rêverait qu’il donne lieu à une fresque retraçant l’action du chef de la France Libre tout au long de la guerre. La grande reconstitution historique annoncée, en définitive dépourvue d’originalité, se révèle bien trop inconsistante. En revanche, il n’y a pas grand-chose à reprocher, esthétiquement, à cette œuvre bien filmée, dont les décors et costumes ont été conçus avec beaucoup de soin. La déception n’en est que plus vive…

Pas déplaisant pour autant, le visionnage de ce De Gaulle laisse donc le spectateur sur une impression mitigée. Le professionnalisme d’une équipe et la richesse du sujet ne suffisent pas à accoucher d’un chef-d’œuvre lorsqu’il manque l’essentiel : l’inspiration.

R.V.H.

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