‘Le Mans 66’

Titre original : Ford v. Ferrari
Pays : États-Unis
Réalisateur : James Mangold
Année de sortie : 2020
Genre : Drame
Type : Long-métrage


Résumé

1964. En quête d’une nouvelle image de marque susceptible de relancer les ventes, le constructeur automobile Ford envisage de participer aux 24 heures du Mans pour défier Ferrari. L’état-major de la firme fait appel à l’ancien pilote Caroll Shelby (Matt Damon), vainqueur de l’épreuve en 1959 et reconverti dans la préparation de voitures sportives. Shelby accepte le défi de mettre au point la nouvelle Ford GT40, avec l’aide de son ami garagiste et pilote Ken Miles (Christian Bale). Mais Shelby se heurte au refus de Ford d’engager Miles pour courir dans le championnat d’endurance.

L’avis de Ciné’xagone ()

L’intention manifeste de James Mangold était de rendre un digne hommage au pilote Ken Miles, vainqueur moral des 24 heures du Mans 1966, tout en érigeant en combat épique pour le prestige d’un titre au Mans la rivalité sportive entre Ford et Ferrari. Attaché à cette lecture d’une anecdote historique, Mangold développe une narration simplificatrice des événements originaux, certes bénéfique à l’intrigue mais préjudiciable à la reconstitution factuelle. Le réalisateur, en quête d’émotion et de spectacle, n’aboutit qu’à un film en demi-teinte sur le sport automobile, loin de l’esthétique de Grand Prix (John Frankenheimer, 1966) et Le Mans (Lee H. Katzin, 1971) qui lui servirent pourtant de modèles tant il s’en réclama. Le recours aux cadrages pivotants au ras de la piste (déjà largement usités dans le Rush de Ron Howard) et la mise en scène immodérée des collisions spectaculaires, censés placer le spectateur au cœur de l’action, contribuent plutôt à éloigner de la réalité de la compétition.

L’amateur d’endurance restera certainement sur sa faim, mais le grand public pourrait apprécier, comme une introduction à l’univers de la course, cette aventure qui combine plutôt bien le récit d’une amitié chahutée par les considérations professionnelles avec d’autres enjeux connexes : l’opposition entre le talent pur et les nécessités du marketing, la complémentarité entre le perfectionnement mécanique et la maîtrise du pilotage ainsi que la dimension patriotique de l’opposition Ford/Ferrari.  En dépit de ses excès – la reconstitution exagérément dramatique des 24 heures 1966, filmée comme une séquence de guerre, en pâtit – Le Mans 66 prend le public aux tripes. Les remarquables prestations de Matt Damon, de Christian Bale et de Caitriona Balfe, dans le rôle de Mollie Miles, donnent du corps à ce film, relativement long mais dépourvu de temps mort.

R.V.H.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s