‘Kaamelott : Premier volet’

Titre original : Kaamelott : Premier volet
Pays : France
Réalisateur : Alexandre Astier
Année de sortie : 2021
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage


Résumé

Depuis l’exil du roi Arthur Pendragon (Alexandre Astier), le royaume de Logres est aux mains du tyrannique Lancelot du Lac (Thomas Cousseau). Le nouveau maître de Kaamelott charge des mercenaires saxons de retrouver Arthur afin de l’éliminer définitivement. Racheté à ses ravisseurs par le duc d’Aquitaine (Alain Chabat), Arthur rassemble les anciens chevaliers de la table ronde, délivre la reine Guenièvre (Anne Girouard) et envisage de reconquérir le pouvoir. 

L’avis de Ciné’xagone ()

Que l’attente fut longue pour les inconditionnels de la série télévisée Kaamelott ! Il leur aura fallu patienter plus d’une décennie avant le tournage du film qui lui fait suite, et dont la sortie a été elle-même retardée d’un an en raison de la crise sanitaire. Perfectionniste et seul maître de l’univers qu’il a créé, Alexandre Astier s’est assuré d’avoir la main sur tous les aspects de la production avant de se lancer dans l’aventure sur grand écran. Kaamelott : Premier volet (… d’une trilogie promise) répond dès lors à la double ambition de poursuivre le récit suspendu au terme de l’ultime épisode du « Livre VI » de la série et de conquérir un nouveau public.

Le produit fini s’éloigne malgré tout du chef d’œuvre annoncé. Kaamelott : Premier volet paye un lourd tribut aux choix malencontreux de son auteur. Le premier relève du format. Alexandre Astier a envisagé de produire trois films de deux heures mais il manque, manifestement, une heure à cette première partie. En résultent des bonds incessants de séquence en séquence, des ellipses maladroites, de véritables zones d’ombres dans le récit que le spectateur est donc censé combler lui-même, un rythme erratique… L’insertion de flashback renvoyant à la prime jeunesse d’Arthur (Rome, toujours…) et à son premier amour ne fait qu’alourdir une trame narrative déjà excessivement chargée sans ajouter d’épaisseur réelle à l’histoire, encore moins à la psychologie du héros, déjà abondamment alimentée.

La construction chaotique du film a été la critique la plus soulevée, mais d’autres griefs peuvent hélas être retenus. Par une volonté évidente d’offrir à chacun de ses acteurs un petit rôle après une décennie de silence sans renoncer au luxe flatteur de guest stars (Sting, Clovis Cornillac, Guillaume Galienne…), Astier ne développe aucun de ses personnages – sauf le sien – et chacun se retrouve à jouer une trop courte partition. Hormis Alain Chabat, excellent Duc d’Aquitaine auquel Arthur doit, contre toute attente, le basculement de son destin, tous les interprètes sont sous-employés, à commencer par le mythique Léodagan (Lionnel Astier). Il en est de même, hélas, de Lancelot du Lac (Thomas Cousseau) dont le comportement tyrannique et les excentricités auraient mérité une véritable mise en perspective. Encore ne faut-il pas parler des interprétations ratées, celle de Christian Clavier, enfermé dans la caricature, n’étant pas la moindre.

Une autre faiblesse du film affecte directement ses ressorts comiques, essentiellement recyclés à partir des punchlines et des gags de la série. D’aucuns parleront assez justement de fan service… Alors qu’il était parvenu brillamment, lors des deux dernières saisons, à conjuguer la dramatisation du récit et l’humour décalé qui en a fait le sel originel, Astier apparaît ici embarrassé par la cohabitation de ces deux dimensions de Kaamelott, auxquelles s’ajoute désormais une nouvelle, démesure cinématographique oblige : l’action (scènes de combats, bataille finale).

Faut-il parler d’un retour manqué ? Pas tout-à-fait cependant. Une entrée en trompe au box-office dans un contexte très difficile pour le cinéma – deux millions de spectateurs après trois semaines d’exploitation – a couronné l’ambitieux projet d’Alexandre Astier et confirmé, si besoin était, que le passage du temps n’avait pas érodé la communauté des fans. Au succès populaire, seul juge légitime des œuvres artistiques s’il en est, s’ajoute un indéniable atout de séduction. Malgré ses défauts, Kaamelott : Premier volet remet sur les rails une saga inclassable et aiguise plus que jamais l’appétit du spectateur pour lui faire espérer – sans attendre dix ans ! – la suite puis le fin mot.

R.V.H.

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