‘D’après une histoire vraie’

Titre original : D’après une histoire vraie
Pays : France, Belgique
Réalisateur : Roman Polanski
Année de sortie : 2017
Genre : Thriller psychologique
Type : Long-métrage


Résumé

Lors d’une séance de dédicaces au Salon du Livre, Delphine Dayrieux, écrivain à succès (Emmanuelle Seigner), fait la rencontre de l’une de ses admiratrices, une jeune femme avec qui elle se lie très vite (Eva Green). Delphine traverse alors une phase d’absence d’inspiration. Elle va désormais subir la pression envahissante de sa nouvelle amie pour écrire le grand roman qui sommeille en elle.

L’avis de Ciné’xagone ()

Octogénaire, Roman Polanski s’achemine vers la fin de sa riche carrière… La tentation de réaliser une grande œuvre de synthèse semble tarauder le cinéaste. Et il est vrai qu’on retrouve dans ce film adapté d’un roman à succès de Delphine de Vigan les thèmes polanskiens par excellence : la névrose, la réclusion, la séduction, la manipulation, le charme venimeux des femmes, la fascination pour les livres et pour le surnaturel. Ce condensé d’obsessions ne parvient jamais, néanmoins, à dépasser ni même à approcher les réalisations majeures du cinéaste. Malgré la qualité du jeu d’Emmanuelle Seigner face à l’hypnotique Eva Green, l’emprise réciproque qu’exercent les deux personnages principaux n’égale jamais la tension paroxystique qui rapproche Paulina de son tortionnaire dans La jeune fille et la mort (1994) ou celle qui, ambiguë, s’insinue progressivement entre le metteur en scène et sa comédienne dans La Vénus à la fourrure (2013).

Bien loin de la folie qui terrassait l’héroïne cloîtrée de Répulsion (1965), les troubles de Delphine, en devenant une évidence, liquident le suspense plutôt que de l’accroître. L’histoire que nous raconte Polanski est trop nue, trop transparente, et même trop autocentrée sur deux figures complémentaires pour que le dénouement produise l’effet de surprise recherché à l’évidence.

Que reste-t-il du visionnage de D’après une histoire vraie ? Quelques photographies du Paris médiatique – familières pour certaines –, l’atmosphère chaude et vaguement inquiétante d’une maison de campagne, le sentiment d’un danger proche mais non identifiable. Et les yeux d’Eva Green.

R.V.H.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s