‘Monsieur Verdoux’

Titre original : Monsieur Verdoux
Pays : États-Unis
Réalisateur : Charles Chaplin
Année de sortie : 1947
Genre : Comédie dramatique
Type : Long-métrage


Résumé

Ruiné par la crise, Henri Verdoux (Charles Chaplin) a trouvé un filon macabre pour faire vivre sa famille : il épouse des femmes riches et les assassine avant de s’enfuir avec leur argent. Alertée par les proches de victimes soupçonneuses, la police finit par s’intéresser à ce curieux personnage.

L’avis de Ciné’xagone ()

Charlie Chaplin chipa à Orson Welles un projet de film basé sur l’histoire du tueur en série Landru… Avec Monsieur Verdoux, Chaplin s’offre une excursion hors des sentiers battus. Il délaisse le personnage de Charlot pour incarner un gentleman criminel vieillissant et cynique. L’intrigue avance à un rythme étale, de victime en larcin, avec quelques artifices de mise en scène un peu faciles pour symboliser la fuite de l’assassin (ces images du train qui fonce vers le prochain crime…) et des gags réduits à la portion congrue. De même, quoique le fait divers qui inspira le scénario se déroulât en France, Chaplin n’a rien gagné à y situer son film, tant l’anglais (parlé et même écrit) y est omniprésent au prix de l’invraisemblance et tant les plans d’expositions (vues de Paris notamment) sont rares.

Le cinéaste qui a su, si brillamment, mêler le burlesque à la tendresse, le sentiment à l’absurde, avec à l’appui une réelle analyse socio-politique, se montre à la peine lorsqu’il tente de coupler ses fantaisies avec un scénario policier. Et le bref plaidoyer final prononcé par le personnage principal, relativisant ses meurtres au regard des crimes de masse perpétrés par les États à la même époque, est loin, bien loin de la charge émotionnelle véhiculée par le discours du barbier, faux Hynkel, à la fin du Dictateur. L’arrimage de l’histoire au contexte politique est poussif.

Bien sûr, Chaplin – seule vedette du film puisqu’il s’entoure d’acteurs de seconde catégorie – tient la baraque et donne la pleine dimension de son talent et de son charisme. Monsieur Verdoux a fini par trouver sa place et son public, devenant un classique au même titre que les autres longs-métrages du réalisateur-acteur britannique. Même si les attaques personnelles dont Chaplin a fait l’objet expliquent en grande partie les critiques négatives reçues à la sortie du film, le manque d’enthousiasme du public d’alors n’est pas non plus injustifié.

R.V.H.

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